Avec le lancement, le 31 mars 2005, de la télévision numérique terrestre (TNT), le paysage audiovisuel hertzien français a connu sa plus grande révolution depuis l’avènement de la couleur. Cette technologie permet, en effet, de recevoir des images d’une qualité bien supérieure à celles restituées en analogique. Elle autorise, en outre, la diffusion de plusieurs chaînes par canal, au lieu d’une seule en analogique. Enfin, la télévision numérique terrestre apporte de nouveaux services aux
téléspectateurs.
Désormais, la loi du 5 mars 2007, relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, prévoit que l’extinction de toute diffusion analogique de la télévision devra être effective au plus tard le 30 novembre 2011. Plusieurs raisons expliquent cette décision : la coexistence de la TNT avec la diffusion analogique devient aujourd’hui de plus en plus difficile car les fréquences occupées par les émissions analogiques obèrent l’extension de la télévision numérique terrestre. Même s’il est possible de surmonter ces difficultés grâce à des réaménagements, ces travaux représentent une charge croissante et de nombreux foyers devront ainsi attendre plusieurs années avant de bénéficier d’un accès à la TNT. Par ailleurs, alors que le taux d’équipement en adaptateurs TNT croît régulièrement dans les zones couvertes par la TNT, maintenir durablement une double diffusion des chaînes historiques apparaît de moins en moins justifié, notamment sur le plan financier. Enfin, arrêter la diffusion analogique de la télévision permettra d’utiliser les fréquences ainsi libérées pour accroître l’offre de services audiovisuels ou de communication électronique au public. Aujourd’hui, l’extinction de l’analogique apparaît comme la clef du futur développement de la
TNT, qu’il s’agisse d’améliorer la couverture en numérique ou d’introduire des services novateurs, comme la télévision en haute définition ou la télévision mobile personnelle, et des services mobiles de communication électronique.
Diffusée par plus de 3 000 émetteurs, totalisant près de 15 000 fréquences actives, la télévision analogique a habitué les téléspectateurs français à un haut niveau de qualité technique et à une couverture qui compte parmi les plus denses d’Europe. De ce fait, le basculement vers le numérique présente toutes les caractéristiques d’un grand projet, d’une opération d’intérêt national, bref, d’une nouvelle frontière. La réussite de ce chantier majeur, conduit au niveau national et exécuté au niveau de chaque bassin de population, se vérifiera en dernier ressort au sein de chaque foyer : l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de faire en sorte que, pendant les travaux, la diffusion continue. En tout lieu où l’analogique est aujourd’hui reçu, les émissions numériques devront être disponibles en temps utile et les foyers équipés pour les recevoir. A la fin du basculement, chacun disposera alors d’un accès à la télévision numérique, que ce soit par la TNT, le satellite, ou tout autre moyen (câble, ADSL).
Véritable entreprise nationale, riche d’implications locales, le basculement ne peut donc se
décréter : il doit être préparé avec soin.
Le plan de basculement suppose ainsi une coordination exemplaire des opérateurs audiovisuels, des diffuseurs, des installateurs d’antennes, des industriels, des collectivités locales, des associations d’usagers et des pouvoirs publics. Avant d’entreprendre le nécessaire travail de planification, site par site et fréquence par fréquence, qui commande cette opération, il apparaît nécessaire de fixer les grands principes qui guideront ce projet. Prévue par la loi du 5 mars 2007, la
présente consultation a pour objet de recueillir l’opinion de toutes les parties prenantes afin de préciser ces choix structurants. Eclairé par ces contributions, le schéma national répondra ainsi aux
besoins, aux attentes mais aussi aux craintes des différents acteurs concernés.
Consultation publique ouverte par le Conseil supérieur de l’audiovisuel en vue de l’élaboration du schéma national d'arrêt de la diffusion analogique et de basculement vers le numérique.
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